Entre Loire et coteaux, découvrez comment le vignoble façonne les paysages, l’histoire et l’avenir du territoire. 

Pilier identitaire du territoire, le vignoble du Val de Loire occupe une place centrale dans les paysages, l’histoire et l’économie locale. Avec près de 55 000 hectares de vignes, dont 21 400 hectares classés en appellation d’origine contrôlée (AOC), il constitue le plus long vignoble de France et participe fortement à l’image du territoire ligérien.

La richesse des vins du Val de Loire repose sur la diversité des sols, mêlant calcaires, argiles et roches éruptives, mais aussi sur la variété des climats locaux. L’influence directe de la Loire et de ses marées joue également un rôle majeur, créant des conditions particulières favorables à la viticulture. L’ensemble de ces facteurs naturels explique la grande diversité des vins produits.

Entre Chouzé-sur-Loire et Les Coteaux-sur-Loire, les paysages viticoles se caractérisent par des vignes souvent dispersées au sein des terres agricoles. Les plus vastes étendues viticoles se concentrent toutefois sur les terrasses alluviales, notamment dans les communes de Bourgueil, Saint-Nicolas-de-Bourgueil et Restigné, qui constituent le cœur du vignoble local.

L’histoire du vignoble de Bourgueil remonte au Moyen Âge, avec l’abbaye de Bourgueil fondée en 999, considérée comme le berceau de la viticulture locale. Au fil du temps, la vigne s’est imposée comme une activité structurante du territoire, façonnant durablement les paysages et les pratiques agricoles.

L’abbaye, le berceau du domaine viticole de Bourgueil (Cousin Léa, 2025)

Cette reconnaissance se concrétise en 1937 avec l’obtention de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) Bourgueil. Aujourd’hui, cette appellation couvre environ 1 400 hectares répartis sur sept communes. Elle impose des normes strictes aux vignerons afin de garantir une haute qualité des vins. Toutefois, ces exigences peuvent entraîner la perte de l’AOC pour certains producteurs, avec des conséquences économiques importantes. Depuis les années 2010, la production de vin AOC connaît ainsi une baisse notable.

Le vignoble de Bourgueil fait aujourd’hui face à plusieurs défis. Les départs à la retraite sans repreneurs, l’abandon de parcelles jugées peu productives, la baisse de la consommation de vin et les restructurations qualitatives entraînent une diminution progressive des surfaces cultivées. Plus de 200 hectares de vignes se transforment ainsi en friches, fragilisant un paysage pourtant emblématique du territoire.

Malgré ces difficultés, les communes situées à l’intérieur et à l’extérieur du périmètre UNESCO restent étroitement liées par leur histoire viticole et par le partage de terres bénéficiant d’une appellation reconnue. Dans ce contexte, l’intégration de Bourgueil au périmètre UNESCO apparaît comme un levier de valorisation et de protection durable, permettant de préserver ce patrimoine viticole face aux fragilités actuelles.

Cette dynamique touche aussi les communes de Chouzé-sur-Loire, La Chapelle-sur-Loire et Les Coteaux-sur-Loire. Bien que situées en partie hors du périmètre UNESCO, leurs vignes relèvent de l’appellation AOC Bourgueil, renforçant ainsi les liens territoriaux avec la commune de Bourgueil. Plus de 200 hectares de vignes se transforment aujourd’hui en friches, représentant environ 15 % des surfaces viticoles, principalement en raison du manque de repreneurs.

Ainsi, les communes situées à l’intérieur et à l’extérieur du périmètre UNESCO sont étroitement liées par leur histoire viticole et par le partage d’un même patrimoine agricole reconnu. Dans ce contexte, l’intégration de Bourgueil au périmètre UNESCO apparaît cohérente. La présence de l’abbaye, berceau historique du vignoble, renforce cette légitimité. Une telle reconnaissance offrirait un levier de valorisation et de protection face aux fragilités actuelles, en contribuant à la préservation durable des paysages viticoles et de l’identité du territoire.

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